| 17 Février 2009
« Un mouton, moi ? Ja-mais ! » braillerait-t-on, sans hésiter et la main sur le cœur, persuadé de ne pas être de ceux qui suivent bêtement le troupeau. Ja-mais ? C’est à voir…
Ne vous arrive-t-il pas de tanner vos parents pour avoir des baskets (ou un sac à dos) comme ci (ou comme ça) de peur de passer pour un pauv’ ringard ? Ben si. Et c’est normal. Les phénomènes de mode existent depuis des lustres, et sauf pour le porte-monnaie des susmentionnés parents, la chose n’est pas gravissime en soi.
être reconnu
Plus particulièrement au moment de l’adolescence, nous sommes tous à la recherche de repères, d’une reconnaissance sociale. On pense alors parfois que pour être accepté des autres, il faut leur ressembler. En cultivant un look plutôt fashion-victim ou néogothique, vous affirmez votre intégration dans une bande, un mouvement particulier qui a ses codes et ses valeurs.
Rien à redire…
…si vous êtes totalement sincère. Là où ça coince, c’est si en fait vous trouvez les baskets comme ci ou le sac à dos comme ça vraiment nullissimes et que vous vous forcez par crainte de déplaire ou d’être rejeté. Ou, pire encore, si, dans une discussion « sérieuse », vous n’osez pas formuler une opinion divergente de celle des autres.
Car dans ces cas de figure, faire le caméléon, ça craint. Vous n’avez pas mis des années à prendre (un peu) vos distances vis-à-vis du jugement parental pour vous taper celui des potes à la place !
Je suis moi !
À ne vouloir se fâcher avec personne, à toujours se fondre dans la masse, on peut finir par ne plus être soi, par renier ses goûts et même ses convictions profondes.
Ne vaudrait-il pas mieux oser s’affirmer (sans hystérie et sans tyranniser autrui) ? Le risque est limité qu’on vous jette des cailloux ou que la foule se détourne de vous comme d’un pestiféré. Au contraire, l’originalité de votre démarche et votre courage vont sans doute vous attirer des nouveaux copains et vous faire acquérir une assurance qui vous servira toute votre vie.
Ne soyez pas bêtes !
Connaissez-vous cette histoire, racontée par Rabelais ? (mais, si, Rabelais, vous savez bien, le papa de Gargantua et de Pantagruel). Sur un bateau, Panurge se disputa avec un marchand de moutons. Un poil mauvaise tête, il lui acheta l’une des bestioles pour la jeter à la mer. Que croyez-vous qu’il arriva ? Le troupeau suivit, sautant gaillardement par dessus bord, entraînant l’infortuné vendeur… qui se noya. D’où l’expression (mais si vous la connaissez), « être un mouton de Panurge » pour ceux qui suivent les autres aveuglément.
La « rebelle attitude » à donf’…
…n’est pas une bonne idée non plus. A trop vouloir se singulariser, à prendre ostensiblement, systématiquement (et surtout gratuitement) le contrepied de la majorité, on finira fatalement par agacer… tout le monde ! Tout comme chercher à plaire à tous revient finalement à ne vraiment plaire… à personne !

