| 02 Février 2009
Le dernier album de Deerhunter, groupe phare d'Atlanta nous fait rêver. C'est comme ça. Méconnu en France, on se résigne à ce qu'il le reste, tant sa pop expérimentale et hypermélodique n'est pas faite pour toutes les oreilles. Plus fédérateur, le dernier Unkle fait aussi son petit effet.
Deerhunter, Microcastle (4AD/Beggars)
Alors, de quel tiroir ça sort ça? Dream-pop? Pop expérimentale? Un peu des deux! En tout cas, moi, ça faisait longtemps que j'attendais ce 3e album de la bande d'Atlantes (ils crèchent à Atlanta, USA) menée par Bradford Cox, dont le brillantissime side-projet Atlas Sound a d'ailleurs été positivement chroniqué dans ces colonnes il y a quelques mois. Deerhunter nous revient donc, avec en réalité une sorte de double album, puisque Microcastle est accompagné d'un 2e CD étoffé de raretés et autres curiosités composées par le groupe durant son parcours, soit 25 titres au total ce qui, convenons-en, est une marque de respect à l'égard du public. Côté son - d'ailleurs très très soigné au niveau de la production -, les compositions sont parfois complexes, ce qui oblige à ne pas se fier aux impressions de la première écoute et à persévérer pour découvrir toutes les subtilités des arpèges aériens, des accords envoûtants, des rythmiques faussement simples et des arrangements inspirés. Cerise sur le gâteau pour ceux qui comprennent l'anglais courant, les textes existentialistes sont d'une profondeur qui témoigne des affres quotidiens dans lesquels Bradford Cox semble se débattre. À part ça? Hé ben à part ça, la jacquette n'est pas terrible...
Little Joy (Rough Trade/Beggars)
Fabrizio Moretti, batteur des Strokes, mûrissait depuis un certain temps un side-projet qui arrive enfin dans les bacs. Avec sa girlfriend Binki Shapiro et le guitariste-chanteur Rodrigo Amarante, ex-membre de Los Hermanos, voici donc Little Joy: ça n'a pas grand-chose à voir avec le son Strokes, c'est beaucoup plus cool et très inspiré du côté de l'Amérique latine sur certains titres - rapport aux racines italo-brésilienne, du garçon, d'ailleurs capable de chanter en portugais comme il le fait très bien sur un titre bossa nova. Bref, un album parfaitement dispensable pour les rockeurs exclusifs mais inévitable pour les férus de world rock.
Unkle, End titles... Stories for film (Pias)
Théoriquement séparé, le duo anglais électro-pop-rock a quand même réussi à sortir ce « non-album », qui est en réalité une compilation de 22 morceaux composés depuis l'album War Stories, plutôt orientés vers l'audiovisuel, le cinéma ou les bandes son de jeux vidéos - mais pas que. Cette livraison hétéroclite n'en est pas moins convaincante et constellée de pépites pop, d'autant que des invités prestigieux y ont mis leur grain de sel (Josh Homme des Queens Of The Stone Age, Black Mountains...). À découvrir en priorité: Cut me loose, énorme.
Réservé aux amateurs
Tragedy, All metal tribute to The Bee Gees (La Baleine)
Tragedy s'est fait un malin plaisir à réinterpréter les grands succès des Bee Gees version métal. Ou le mariage du col pelle à tarte et de la guitare saturée. Le pire, c'est que ça fonctionne.

