| 23 Novembre 2009
Alors que les infos nous fournissent largement de quoi sombrer dans un blues abyssal, le cinéma persiste et signe en nous fournissant des divertissements en forme d'évasion. À la télé aussi, d'ailleurs, avec une série fortement recommandable. Alors, que ce soit avec Terry Gilliam dans une féerie totale, Johnny Depp sur la route des gangsters ou François Cluzet en escroc patenté, le choix ne tient qu'à vous !
Cinéma :


À l'origine
Chantier clandestin, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos...
Evoquant un fait divers, le nouveau fi lm de Xavier Giannoli suit l'énorme escroquerie d'un homme tout fraîchement sorti de prison. En banqueroute totale, ce dernier va réussir à se faire passer pour le représentant d'un grand groupe (fi ctif) de travaux publics et ainsi redémarrer la construction d'une autoroute dans une région sinistrée. Redonnant l'espoir aux autochtones, le héros va peu à peu s'enliser dans un mensonge qui prend alors des proportions incontrôlables. François Cluzet aime à camper des personnages tendus, traqués et ambigus. Il faut dire qu'il n'a pas vraiment son pareil pour de tels rôles. Ici, il trouve un personnage à la mesure de son talent, épaulé par un casting solide, toujours mené par le patriarche national Gérard Depardieu, jamais bien loin de Gianolli, qui lui avait off ert une seconde jeunesse dans le joli « Quand j'étais chanteur ».
http://www.alorigine-lefilm.com/
L'imaginarium du Docteur Parnassus
Hommage figuratif, de Terry Gilliam, avec Heath Ledger, Jude Law, Johnny Depp...
Voici le dernier film du regretté Heath Ledger, décédé pendant le tournage. Terry Gilliam, habitué aux imprévus, a tenu à conserver les prises de vue d'Heath Ledger et monta pour cela un tour de passe-passe hallucinant, en intégrant à son fi lm trois autres acteurs jouant tour à tour le rôle du personnage de Ledger. Trois acteurs (et pas des moindres : Johnny Depp, Colin Farrell et Jude Law) qui ont accepté de venir rendre hommage à leur ami d'une façon théâtrale et émouvante pour un film qui s'inscrit complètement dans la mouvance d'un cinéaste génialement givré. Cette histoire d'un cirque fantastique proposant à ses spectateurs de choisir entre la tristesse et la joie ou l'ombre et la lumière, peut désormais entrer dans la légende.
http://www.imaginarium-du-docteur-parnassus.com/
D.V.D :
Jericho
Apocalypse maintenant, créée par Stephen Chbosky et Jon Turteltaub...
Série d'anticipation, sabordée par manque d'audience, « Jericho » n'a pas connu le destin qu'elle méritait. En eff et, cette chronique de fin du monde, qui voit une petite ville de l'Amérique profonde isolée suite à une explosion nucléaire, aborde d'une manière à la fois efficace et maligne quelques problématiques des plus intéressantes et fait écho à la politique des États-Unis (du moins celle de Bush). Huis clos à l'échelle d'une ville, « Jericho » pose un groupe de survivants désemparés et totalement coupés du monde extérieur. Se développent alors des intrigues sous-jacentes et autres love story contrariées, le tout sans tomber dans la facilité. En apparence classique, cette série qui fut condamnée à un arrêt brutal après deux saisons (dont une deuxième bien trop courte mais maîtrisée car offrant une conclusion convaincante), a le mérite d'aborder un sujet habituellement réservé au cinéma.
Parfois radicale, réaliste, très teintée sixties et originale, « Jericho » offre aussi de jolis rôles à des comédiens tenus à l'écart des plateaux de cinéma, à l'image de Skeet Ulrich, qui tient ici le rôle principal, des années après son personnage d'ado givré dans le premier « Scream ».
Public Enemies
Jeu du chat et de la souris, de Michael Mann, avec Johnny Depp, Christian Bale...
Johnny Depp est John Dillinger, bandit de grand chemin, véritable Robin des bois des temps modernes, qui dépouille les banques aussi bien qu'il dévaste le coeur des jeunes filles.
Son histoire est légendaire aux États-Unis, et son duel avec l'agent du FBI Melvin Purvis l'est tout autant. Sa vie, entre coffres-forts et cellules de prison, fut mouvementée et se prête à merveille à un film qui retranscrit avec une efficacité proche du documentaire l'existence tumultueuse de ce héros controversé. Soulagés de ne plus supporter Johnny Depp grimé en pirate, on savoure sa performance toute en finesse d'un personnage « bigger than life », pour un biopic voulu par Mann, son réalisateur, très proche de ses héros. La technique qu'il utilise restitue l'action au plus près et place le spectateur aux cotés de ces braqueurs virtuoses.
Effet garanti, surtout pendant les fusillades. Néanmoins, toutes ces qualités ne suffisent pas à masquer quelques baisses de régime et surtout n'arrivent pas à faire oublier « Heat », l'autre grand fi lm de Mann au sujet un peu similaire. À voir néanmoins ne serait-ce que pour vérifi er à quel point Marion Cotillard se fond avec talent et grâce dans une carrière américaine pour l'instant sans faute de goût.



